13.11.2011
Peau neuve
C'est encore en travaux, mais j'élargis mes horizons et fait peau neuve par ici:
Au plaisir de vous y retrouver, donc!
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26.10.2011
L'intranquille
L'intranquille, Gérard Garouste
De la figure du père, qui le marquera à vie, à ses périodes de folie en passant par son parcours de peintre, Gérard Garouste livre en autoportrait franc, sans demi-teinte.
Le peintre parle longuement de sa relation au père. Cet homme antisémite qui allait récupérer les meubles confisqués aux juifs pendant la guerre pour les revendre ensuite. Un père psychopathe, capable de déshériter son propre fils, et qui a, selon certains, conduit Garouste à ses crises de folie, qui jalonneront, avec les séjours en hôpital psychiatrique, sa vie de père, de mari, d'artiste.
Dans quelle mesure la folie et l'œuvre du peintre se nourrissent de ces rapports compliqués? C'est une des questions que l'on peut se poser. Car s'il donne des réponses, quelques pistes ici ou là, la force de ce texte est aussi de faire s'interroger son lecteur sur l'art et ses liens avec la folie, l'héritage que l'on reçoit et ce qu'on en fait.
Un mot pour Judith Perrignon qui a su aider Garouste à mettre en ordre ses pensées, tout en réussissant à faire oublier sa présence derrière les mots du peintre.
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14.10.2011
Les solidarités mystérieuses
Les solidarités mystérieuses, Pascal Quignard
Pascal Quignard livre un roman très touchant, où la nature tient une grande place, C'est aussi le portrait d'une femme, Claire, qui n'aimera qu'un homme, Simon. Un texte dans la lignée de Villa Amalia, paru en 2006.
Claire revient dans son village natal en Bretagne pour le mariage d'une cousine éloignée et renoue avec Madame Ladon, son professeur de piano. Elle décide de vivre à nouveau là, dans une vieille ferme qu'on lui prête, et retrouve Simon, son amour d'adolescence. Ils ne se sont jamais oubliés. Mais Simon est marié et père d'un enfant. Très vite, on sait qu'il ne se passera plus rien entre eux. Claire le sait aussi, mais restera vivre à côté de lui jusqu'à la fin de sa vie.
Claire a perdu sa famille dans un accident de voiture alors qu'elle était enfant, il ne lui reste que son frère cadet, Paul. La relation qui se (re)noue entre eux est touchante, le dévouement de Paul pour maintenir sa sœur la tête hors de l'eau après l'incendie de sa maison, les moments ensemble où ils n'ont pas besoin de se parler, où ils se contentent de se montrer des paysages, des détails dans le ciel que seul l'un ou l'autre perçoit. Il s'agit aussi de cela dans Les solidarités mystérieuses, de la solidarité qui unit tout à coup ce frère et cette sœur qui n'ont jamais été proches.
S'il y a une chose que Claire aime autant que son premier amour adolescent, c'est la nature. Elle arpentera la côte sans relâche jour et nuit, incessamment, à la recherche de Simon. Comme une folle penseront les habitants des villages alentours. Les descriptions de la lande bretonne sont aussi justes que belles, empreintes d'une certaine mélancolie qui sied au personnage de Claire, que ni ses proches, ni le lecteur n'arriveront jamais à saisir totalement.
Pascal Quignard ne donne jamais toutes les clés pour comprendre ses personnages, on le constatait déjà dans Villa Amalia. Avec Claire, on va de surprises en surprises lorsque se dévoilent les pans de sa vie passée, qui donne à voir des facettes de sa personnalité mais ne font jamais totalement la lumière sur elle. C'est cela aussi le talent de Quignard, même une fois le roman refermé, les personnages vous accompagnent encore et continuent de vous intriguer.
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06.10.2011
Limonov

Limonov, Emmanuel Carrère
Depuis le mois de juin, depuis le défilé de réunions diverses et variées d'éditeurs, depuis les discours alarmistes, depuis les auteurs, les livres, les résumés plus ou moins attirants, je cherchais LE roman de la rentrée.
Quel texte allait faire mouche ? Quelle histoire me toucherait assez pour que je n'ai plus envie de vendre qu'elle ? L'année dernière Rosa Candida; l'année d'avant Le club des incorrigibles optimistes, serait-ce cette année Limonov d'Emmanuel Carrère ?
La première chose à savoir d'Emmanuel Carrère, c'est que son talent est tel qu'il pourrait écrire un livre sur à peu près n'importe quel sujet, il en ferait quelque chose d'éminemment romanesque et vous entrainerait avec lui la tête la première dans l'univers qu'il a décidé de créer.
Ici pourtant, comme dans son précédent roman, D'autres vies que la mienne, ce n'est pas de la fiction. Edouard Limonov est bien vivant. Il a une soixantaine d'années et des hôtels de luxe de New York, à la vie de bohème à Paris en passant par les prisons russes au bord de la Volga, il a eu une vie riche en rebondissements: idéal pour un roman.
"C'est une vie dangereuse, ambigüe: un vrai roman d'aventures. C'est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale." dit Carrère. Voilà, c'est ça. Son livre a quelque chose d'universel dans ce qu'il sonde de l'âme humaine.
Je ne sais pas si c'est celui-là, mon roman de la rentrée, c'est sans aucun doute celui à ne pas rater.
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